
Luc Alphand est en haut à gauche !
Merci à Luc Alphand qui a bien voulu répondre aux questions de widiwici ! Nous l’avons interviewé chez lui, dans sa station, Serre-Chevalier. Il a répondu de bon cœur aux questions des membres de widiwici, même les plus farfelues. Le reste des questions a tourné autour du ski et de son évolution, du sport et de la compétition, de sa reconversion et enfin de Serre-Chevalier ! Merci à Juliette qui a monté la vidéo de l’interview ! (elle est en bas de l’article)
les questions des membres de widiwici : Snowdevil, Daniel, Baron, Djop et Coin-Coin avaient posé leur question sur le forum.
Snowdevil : Te rappelles-tu du gars qui a fait le 1er derby de Serre-Chevalier avec un casque de mobylette ?
Luc Alphand : Aïe ! Je vais avoir du mal ! Je me rappelle du 1er derby de Serre-Chevalier, c’était les début du surf et des grosses fixations avec tout le monde qui essayait de tout faire. Je pense qu’à l’époque, il y avait beaucoup plus de gens déguisés. Il y a toujours un esprit pionnier. L’esprit du derby reste similaire aujourd’hui. Mais c’était le début d’un brassage de toutes les glisses, une nouvelle orientation. C’est toujours aussi fun.
Coin-Coin : A quel âge as-tu commencé à skier ? Savais-tu skier avant de marcher ?
Luc Alphand : Je suis né en station un mois d’Août, alors j’ai dû commencer vers 2 ans et demi, puisque je suis né en Août ! Ici de toute façon c’est la moyenne 2 ans, 2 ans et demi. Mais non, je ne savais pas skier avant de marcher. C’est une légende !
Daniel : (Daniel l’a rencontré sous le dôme de Dubaï.) Que penses-tu du ski indoor ?
Luc Alphand : Le ski indoor a le mérite de rapprocher le ski de la ville, de permettre de découvrir les joies de la glisse. Bien sûr ça ne remplacera jamais le ski en plein air, sport de liberté, de nature. Je suis assez pour en ce qui concerne les compétitions de slalom en indoor. ça permet de s’entrainer, car ça devient de plus en plus dur de s’entrainer en été.
Djop veut savoir si Luc Alphand portera un T-Shirt widiwici quand il commentera les JO de 2010 sur France Télévision.
Luc Alphand : Il y a 2 questions dans la question Djop. D’abord, je ne sais pas si je commenterai les JO de 2010 à Vancouver. C’est super dur pour les marques d’apparaitre sur une télévision publique. Ils sont super stricts ! Mais peut être, pourquoi pas, si j’adhère à l’esprit widiwici et que je me mets sur le site ! (on lui a offert un T Shirt, il l’a donc !)
Baron lui propose un défi bilboquet !
Luc Alphand : Bilboquet, ça va. Je maitrise pas mais je connais. J’ai appris le bilboquet giratoire. Mais s’il me défie c’est qu’il doit être balèze ! Mais pourquoi pas ! Je peux relever !
Quelques questions sur sa conversion. Comment un champion de niveau mondial en ski devient un champion également de niveau mondial en rallye ? 2 sports a priori très différents. Qu’est ce qui t’as amené à ça ?
Luc Alphand : Ma passion d’abord c’était la neige, le ski… et la compet après. Dans un 1er temps, j’ai commencé à skier parce que ça m’éclatait. Après j’ai aimé la compet. J’ai eu de la chance de réussir en Coupe du Monde, à essayer vraiment de faire des choses bien et d’y arriver. Après, la reconversion, on peut pas dire qu’elle soit simple et choisie en même temps. Moi, je me suis pas dit “j’arrête le ski, je vais faire de la voiture”. Non. Quand j’ai arrêté le ski, j’étais surement amoureux de la vitesse, encore, et de la mécanique. J’adore bricoler et mes mobs et mes Jeeps, et tout ce que j’ai eu, j’ai toujours démonté. J’aimais ce côté mécanique et en même temps, j’aimais la vitesse. J’ai toujours suivi les rallyes, les courses de F1 etc… parce qu’on a eu des champions qu’on a aimé et qu’on a suivi. Mais alors après j’étais à 10000 lieux de penser que c’était un jour accessible. C’est des milieux qui sont tellement différents que tu penses pas… Après j’ai eu un nom en ski, donc l’opportunité d’être invité. Je pense que la notoriété m’a permis de toucher un peu au début. Après il y eu un 2eme step : je me suis structuré, j’ai créé une équipe de course, Luc Alphand Aventures, une société. Je voulais me laisser l’opportunité de progresser. C’était un départ un challenge perso. Tu conduis avec ton cul, tu skies avec tes pieds. Je voulais faire du sport pour le plaisir. Mais j’avais la soif d’apprendre et de progresser. Je partais vraiment de zéro. J’avais pour moi mon instinct, mon envie et mon amour de la vitesse. Je sortais du sport “prise de tête” depuis 13 ans de coupe du Monde, j’ai dit bon maintenant je vais faire du sport pour le plaisir. Et de fil en aiguille… tu progresses, tu te prends au jeu, tu te structures.. Je me suis fait un peu mangé par la compet. Je suis ravi et fier d’appartenir à une équipe d’usine comme Mitsubishi pour gagner des courses. Chaque fois qu’on part, c’est clairement pour gagner des courses. Il y a toujours cette envie de gagner.
Sport et compet ?
widiwici : Certains sportifs arrêtent le sport le jour où ils arrêtent la compet. Ils n’aiment que la compet. Et à la limite, ils pourraient en faire dans n’importe quel sport. Comment conçois-tu le sport ?
Luc Alphand : Le sport est d’abord une passion. Je connais des sportifs qui n’aiment que la compet. Moi, cette année j’ai eu de la chance, j’ai été beaucoup ici, j’ai pu faire 70 jours de ski ! J’adore le ski encore, j’adore faire de la poudreuse avec mes potes, j’ai refait du géant. J’adore ce sport mais j’adore aussi la compet, même si à un certain niveau, la compet tue la passion. T’arrives à une saturation. Le sport de haut niveau c’est lourd à un certain moment. La compet permet de te surpasser. Je comprends ceux qui n’aiment le sport que par la compet.
3 dimensions du sport : physique, technique et mental
w : est ce que pour toi les Echecs (le jeu) c’est du sport ?
Luc Alphand : Je conçois le sport comme lié à une dépense physique. Même si elle est réduite. Le curling, c’est un sport… Dans tous les sports, le mental 30 à 40% de la performance. A mes yeux pour répondre clairement, je le vois pas comme ça.
w : Les blessures dans le sport : qu’est ce qui fait qu’on se remotive pour repartir ? Comment surpasser la peur de la blessure ?
Luc Alphand : J’ai failli arrêté à des moments plus par le manque de résultats que la peur de la blessure ou la blessure en elle-même. On est tous différents par rapport à ça. C’est arrivé à des coureurs de très haut niveau, c’est arrivé à Deneriaz. Il a une dimension mentale et spirituelle, surmonter sa peur, gérer ses émotions. Comment faire ? C’est vraiment dur de répondre à ça…
Nouvelles glisses : moins noble ? est ce que aurais pu faire autre chose ?
Luc Alphand : Je pense que la montagne est un super espace de liberté. Le ski alpin est historique, on a tous commencé par le ski alpin. le ski alpin restera un grand sport et un loisir. La montagne est ouverte à toutes les glisses, toutes les générations. C’est simplement un respect mutuel qui doit exister. Après c’est un problème d’éducation mais qui n’est pas un problème de sport ou d’évolution du sport. Je suis pour toutes ces glisses : je suis super open.
w : tu pratiques les nouvelles glisses ?
Luc Alphand : Non, j’ai pas le temps. Je m’éclate, je fais un peu de rando. Mais pas de surf. Le ski a beaucoup évolué. J’ai la chance chaque année de pouvoir prendre plusieurs paires de ski. Des fats jusqu’à une paire de ski de slalom. J’aurais pu faire du telemark, ça me plait bien dans l’esprit. C’est dur de repartir à zéro dans une discipline quand tu maitrises une autre.

widi : Serre-Che ? C’est bien ?
Luc Alphand : C’est facile pour moi de parler de Serre-Che. D’abord, j’ai mes racines, j’y suis né. J’ai beaucoup voyagé. Oui, je suis ambassadeur de Serre-Chevalier depuis 1987 ou1988. Je connais tous les recoins, la mentalité. Un atout énorme : la météo. On défend une identité “Alpes du Sud”avec des stations où on a de la neige, où on a du soleil. Beaucoup de gens pensent que je suis savoyard. Non, je suis haut-alpin. Serre-Chevalier est une grande station française. Il faut la découvrir même si c’est un peu loin.
Et l’été ?
Luc Alphand : Serre-che est une station qui s’ouvre au VTT, cross-country et descente. Cet été, il y a les championnats de France de VTT à Serre-Chevalier. C’est une super discipline. On peut pratiquer pleins de sports ici. Les Ecrins c’est 2e centre d’alpinisme après Chamonix. Il y a beaucoup de randos à faire. C’est une vraie station d’été accueillante.
La neige : on a l’impression qu’il y en a moins qu’avant. Qu’en penses-tu ?
Bien sûr qu’on est inquiet. On peut pas le vérifier cet hiver. On a eu un super hiver avec de la neige de novembre à la fermeture avec des conditions fantastiques sur toutes les pistes. ça s’est pas vérifié. Mais sur un hiver. Mais c’est vrai que le niveau de neige bas est remonté un petit peu. Il faut travailler sur la neige de culture. Serre-Chevalier s’est beaucoup équipé en neige de culture. Sur la façon de damer les pistes aussi. Avec des partenaires qui travaillent avec la station aussi. Bien travailler, optimiser la neige qu’on a et qu’on fait, pour que tout le monde s’éclate. Il faut faire gaffe chacun même si c’est au niveau mondial qu’on devrait se réveiller, ça va prendre du temps…
widiwici?
Luc Alphand : Je connais pas bien encore. Faut d’abord que je m’inscrive ! Pas beaucoup de temps pour les défis. Un défi aventure plutôt. Sport pur, j’en fais assez. 1er, 2eme etc. Aventure, découverte et aussi insolite, je suis pas contre un peu d’insolite ! Mais je vais manquer de temps par contre…
Merci Luc et à bientôt !
Allez, la vidéo !
Tags: luc alphand serre-che ski compet rallye course serre-ch

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12 mai 2008 at 18:33
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